MASTECTOMIE – comment prévenir les gonflements des membres supérieurs ?
Les lymphœdèmes des membres supérieurs touchent le plus souvent les femmes ayant subi une mastectomie, souvent associée à une ablation des ganglions lymphatiques. Le risque de lymphœdème est accru par la radiothérapie. Un lymphœdème peut apparaître rapidement, immédiatement après l’opération, ou seulement après quelques mois, voire plusieurs années. Négliger même un lymphœdème mineur peut entraîner une augmentation progressive du volume et un durcissement, conduisant dans certains cas à ce qu’on appelle l’éléphantiasis, un œdème massif qui perturbe considérablement la vie quotidienne.
La prévention est primordiale
Afin d’éviter l’apparition d’un lymphœdème à l’issue du traitement anticancéreux, il convient de prendre des mesures préventives adaptées. C’est pourquoi chaque patiente doit se rendre dans un centre de rééducation spécialisé après une intervention chirurgicale visant à retirer la tumeur et après sa sortie de l’hôpital (alors que le drainage n’a pas encore été retiré). Elle y bénéficiera de l’aide d’un médecin spécialiste en rééducation et d’un kinésithérapeute. Au cours de cette phase, la patiente est formée aux techniques d’auto-massage ainsi qu’aux exercices physiques et respiratoires adaptés, qu’elle devra pratiquer de manière autonome à domicile. Une fois la cicatrisation terminée et le drain retiré, la patiente est orientée vers un programme de kinésithérapie de deux semaines, au cours duquel elle continue à être formée, notamment en matière de prévention des lymphœdèmes. De plus, elle suivra une rééducation visant à compenser les troubles fonctionnels apparus jusqu’alors. Souvent, la patiente travaille avec un psychologue au cours de cette phase.
L’information de la patiente consiste à l’avertir du risque d’apparition d’un lymphœdème et à lui apprendre à le reconnaître. La patiente est informée de la manière de veiller correctement à son hygiène corporelle après l’opération et de choisir correctement ses sous-vêtements et ses vêtements. Elle apprend à mener ses activités quotidiennes en tenant compte du risque de lymphœdème. Une patiente ayant reçu une formation adéquate met en œuvre de manière autonome des mesures de prévention permettant d’éviter l’apparition d’un lymphœdème ou, si un œdème est déjà apparu, d’empêcher son aggravation et sa consolidation.
Prophylaxie. La patiente apprend à effectuer correctement chez elle des exercices physiques, des exercices de respiration et des auto-massages. Dans le cadre de la prophylaxie des lymphœdèmes, les positions de couchage sont très importantes : le membre opéré doit être surélevé (en élévation).
Pour maintenir le membre en élévation, on utilise une cale spéciale, c’est-à-dire un coussin triangulaire rigide. La main posée sur la cale se trouve ainsi en position surélevée, ce qui empêche le tissu lymphatique de s’écouler vers le bas et évite toute stase.
Compensation des troubles fonctionnels. L’état fonctionnel de la patiente est évalué, puis un programme de rééducation personnalisé est établi ; celui-ci comprend principalement des exercices, des massages manuels ou une pressothérapie (drainage lymphatique à l’aide d’un appareil spécial), ainsi que de l’hydrothérapie. Chez certains patients, on recourt à une thérapie par compression, c’est-à-dire à l’application d’une pression à l’aide de matériaux adaptés, sous forme de bandages ou d’une manchette spéciale.
La pressothérapie peut être réalisée à domicile à l’aide d’un appareil spécial de drainage lymphatique.
Conseils aux patientes
Vous trouverez ci-dessous des recommandations visant à prévenir les lymphœdèmes chez les personnes appartenant au groupe à risque ou ayant déjà présenté un œdème. Ces conseils doivent être discutés avec un médecin ou un kinésithérapeute, car celui-ci peut avoir ses propres recommandations, adaptées aux besoins individuels de la patiente.
- Soins de la peau. Dans le cadre de la prévention des lymphœdèmes, des soins de la peau adaptés doivent être une priorité absolue. La peau constitue une barrière naturelle qui protège contre les infections. Un membre atteint d’un lymphœdème ou menacé d’œdème est plus vulnérable aux infections, car une stase lymphatique s’accompagne d’une diminution des défenses immunitaires. Même une petite lésion cutanée peut entraîner une infection, qui peut à son tour perturber la circulation lymphatique. Le cercle vicieux s’enclenche alors, entraînant des infections et des inflammations récurrentes, ce qui aggrave encore le lymphœdème. Vous trouverez ci-dessous des conseils pour prévenir les infections.
- Évitez les injections intraveineuses et les prises de sang au niveau des membres menacés par un lymphœdème. S’il n’y a pas d’autre possibilité et qu’une ponction doit être effectuée, veillez à une bonne hygiène cutanée à cet endroit.
- Gardez propre le membre menacé d’œdème et lavez-le avec beaucoup de précaution. Après le lavage, séchez-le délicatement et soigneusement. Veillez à ce que la peau soit sèche dans les plis et entre les orteils. Utilisez des lotions hypoallergéniques adaptées.
- Évitez les températures très élevées et très basses. Ne prenez pas de bains chauds et n’allez pas au sauna. Protégez le membre des rayons du soleil. En hiver, veillez à ce que le membre ne prenne pas froid.
- Évitez les blessures telles que les contusions, les plaies, les brûlures, les écrasements, etc.
- En été, utilisez des répulsifs, c’est-à-dire des produits pour éloigner les moustiques. Lors des tâches ménagères, des travaux de jardinage, etc., portez des manches longues et des gants.
- Ne coupez pas les cuticules (si vous vous faites faire une manucure, veillez à le signaler à la manucure).
- Ne portez pas de bijoux serrés (bagues, bracelets) sur les membres susceptibles de gonfler.
- Ne portez que des vêtements confortables qui ne provoquent pas d’écorchures.
- Pour vous raser les aisselles et les bras, utilisez de préférence un rasoir électrique. Veillez à son hygiène. Remplacez la tête de rasage si nécessaire.
IMPORTANT ! Si vous constatez des altérations cutanées telles que des cloques, des éruptions cutanées, des rougeurs ou une élévation de la température, consultez d’urgence un médecin ! Il s’agit là des symptômes typiques d’une affection appelée érysipèle qui, si elle n’est pas traitée, peut entraîner une inflammation des vaisseaux lymphatiques, ce qui aggrave considérablement le gonflement.
Autres conseils
- Ne négligez pas les gonflements, même légers, au niveau des membres supérieurs, du cou ou de la poitrine. En cas de gonflement, consultez immédiatement un médecin.
- La prise de tension artérielle ne doit pas être effectuée sur un membre menacé de lymphœdème.
- Évitez les mouvements brusques et répétés avec le membre menacé d’œdème (par exemple, frotter, tirer, pousser).
- Ne soulevez pas d’objets lourds et ne portez pas de sacs en bandoulière du côté menacé d’œdème.
- N’oubliez pas de faire régulièrement des exercices de rééducation. Ne les effectuez jamais de votre propre chef, mais demandez d’abord l’avis d’un kinésithérapeute. Évitez de surcharger le membre concerné.
- Si vous ressentez des douleurs pendant les exercices, allongez-vous en surélevant le membre.
- Surélevez le membre trois fois par jour pendant quelques minutes (conformément aux instructions de votre médecin ou de votre kinésithérapeute). La nuit également, adoptez une position appropriée avec le membre surélevé afin de faciliter le drainage lymphatique.
- Lors des voyages en avion, la patiente doit recourir à une thérapie par compression sous forme de bandages ou de manchons spéciaux. Il convient de boire beaucoup d’eau pendant le vol.
- Les femmes ayant une forte poitrine doivent porter une prothèse nettement plus légère après l’ablation d’un sein. Il convient de ne porter qu’un soutien-gorge bien ajusté. Il est recommandé de faire appel aux services d’une conseillère en soutiens-gorge.
- Les personnes chez lesquelles un lymphœdème a été diagnostiqué doivent porter un manchon de compression bien ajusté, à enfiler le matin au réveil et à garder toute la journée. Il est recommandé de consulter un kinésithérapeute au moins tous les six mois afin d’évaluer l’efficacité du traitement compressif. Si la manche est trop lâche, cela peut signifier que la circonférence du membre a diminué ou que la manche s’est distendue. Dans ce cas, le traitement n’est pas efficace et la manche doit être remplacée.
- Adoptez un mode de vie sain ! Maintenez votre poids dans la norme. Évitez la consommation excessive de sel et d’alcool. Ne fumez pas. Votre alimentation doit être riche en fibres et en protéines faciles à digérer, présentes par exemple dans le poisson ou la volaille.
N’OUBLIEZ PAS QUE LA PRÉVENTION EST LA MÉTHODE LA PLUS IMPORTANTE POUR TRAITER LES LYMPHŒDÈMES. NE MANQUEZ JAMAIS LES RENDEZ-VOUS DE SUIVI PRÉVUS CHEZ LE MÉDECIN OU LE KINÉSITHÉRAPEUTE. SEUL UN PERSONNEL MÉDICAL COMPÉTENT PEUT ÉVALUER CORRECTEMENT VOTRE ÉTAT ET RÉAGIR DE MANIÈRE APPROPRIÉE EN CAS D’URGENCE.